Tracking server-side : pourquoi la proxyfication de Google Tag Manager devient indispensable
Aujourd’hui, la majorité des dispositifs marketing — campagnes Paid Media, outils d’analytics, pixels de conversion — fonctionnent avec une contrainte majeure : ils sont partiellement privés de données. Les ad blockers, les mécanismes de protection des navigateurs comme Safari, Firefox ou Brave, ainsi que les restrictions liées aux réglementations (RGPD, consentement, gestion des cookies) réduisent drastiquement le volume d’informations collectées. Résultat : des événements non remontés, des conversions sous-déclarées, des audiences incomplètes et des algorithmes publicitaires moins performants. Cette perte de signal impacte directement la qualité de vos décisions marketing et la rentabilité de vos investissements.
Dans ce contexte, le tracking server-side ne relève plus de l’optimisation avancée, mais d’une nécessité stratégique. Toutefois, pour exploiter pleinement son potentiel, une étape supplémentaire devient clé : la proxyfication du conteneur Google Tag Manager (GTM). Concrètement, cela consiste à faire transiter le chargement de vos balises via votre propre domaine plutôt que directement via les serveurs des plateformes tierces. Cette architecture réduit l’exposition aux bloqueurs de publicité, améliore la continuité de collecte des données et renforce la maîtrise de votre flux d’informations. À la clé : un tracking plus fiable, des données plus complètes et des campagnes Paid Media mieux alimentées.
Pourquoi vos données disparaissent-elles ?
La perte de données ne provient pas uniquement du consentement utilisateur ou des refus de cookies. Elle est aujourd’hui amplifiée par deux facteurs structurels : les ad blockers et les protections intégrées aux navigateurs. Ces mécanismes, conçus pour renforcer la confidentialité des internautes, ont un effet direct sur vos outils de mesure, vos pixels marketing et la fiabilité de vos indicateurs.
Les extensions ad blockers
Les bloqueurs de publicité ne se limitent plus à masquer des bannières : ils filtrent de plus en plus les scripts de tracking. Leur impact varie selon leur niveau de configuration.
- Ad blockers basiques : ils ciblent principalement les formats publicitaires visibles (bannières, vidéos autoplay). Ils laissent généralement passer les outils analytiques, mais peuvent bloquer certains pixels marketing comme ceux de Google Ads ou Meta.
- Ad blockers renforcés : ils bloquent également des solutions analytiques telles que Google Analytics ou Google Tag Manager, notamment si l’utilisateur active des paramètres comme “Do Not Track”.
- Ad blockers radicaux : ils stoppent presque tout script de suivi dès le chargement, y compris GTM. Dans ce cas, aucun événement ne remonte : la mesure est purement neutralisée.
Les navigateurs à protection intégrée
Au-delà des extensions, de nombreux navigateurs embarquent désormais leurs propres systèmes anti-tracking.
- Safari (ITP – Intelligent Tracking Prevention) limite drastiquement la durée de vie des cookies et peut bloquer certains scripts si ceux-ci ne transitent pas via un domaine proxyfié.
- Firefox (ETP – Enhanced Tracking Protection) bloque par défaut les cookies tiers et une large partie des balises marketing.
- Brave adopte une approche encore plus stricte en désactivant la majorité des scripts de suivi, particulièrement en navigation privée.
Quel impact concret pour votre entreprise ?
Selon la typologie de votre audience, la perte de données peut représenter plusieurs points de pourcentage — parfois bien plus.
Pour un décideur marketing, cela signifie :
- Des conversions sous-déclarées
- Des ROAS artificiellement dégradés
- Des algorithmes publicitaires mal alimentés
- Des décisions stratégiques basées sur une vision partielle de la réalité
À lire aussi : l’évolution du tracking, de la simplicité technique à la complexité réglementaire et technologique.
Le server-side : un socle devenu indispensable
Face à l’érosion progressive des données, le server-side tagging s’impose comme une évolution majeure de l’architecture de tracking. Contrairement au modèle client-side traditionnel — où les balises s’exécutent directement dans le navigateur de l’utilisateur — le server-side transfère une partie du traitement des données vers un serveur que vous contrôlez.
Ce changement d’architecture apporte plusieurs bénéfices structurants :
- Un site plus performant : moins de scripts exécutés côté navigateur signifie un chargement plus rapide et une meilleure stabilité technique.
- Un contrôle accru sur la donnée : vous filtrez, enrichissez et redirigez les informations avant qu’elles ne soient envoyées aux plateformes tierces.
- Une gouvernance simplifiée : meilleure maîtrise des flux de données, conformité facilitée avec le RGPD et gestion plus fine du consentement.
Cependant, il ne constitue pas une solution autonome. Si le conteneur Google Tag Manager est bloqué en amont par un ad blocker ou par les protections d’un navigateur, aucune requête n’est déclenchée. Autrement dit : si le signal ne part pas du navigateur, votre serveur ne reçoit rien.
La proxyfication du GTM : le maillon stratégique qui change la donne
La proxyfication de Google Tag Manager (GTM) consiste à charger votre conteneur via un sous-domaine qui vous appartient — par exemple tags.votredomaine.com — plutôt que via les serveurs standards de Google. Techniquement, vous créez une passerelle (proxy) entre le navigateur de l’utilisateur et les services tiers. Le script GTM semble ainsi provenir de votre propre infrastructure.
Ce changement d’architecture est déterminant. Pour les ad blockers et certaines protections navigateurs, un script chargé depuis un domaine tiers identifié comme publicitaire est immédiatement suspect. En revanche, lorsqu’il provient de votre propre domaine, il est beaucoup moins susceptible d’être filtré.
Résultat :
- Moins de blocages au chargement du conteneur
- Davantage d’événements déclenchés
- Une meilleure continuité du tracking
Le bénéfice majeur est clair : retrouver de la complétude dans vos données. Sessions mieux mesurées, conversions plus fidèlement remontées, parcours utilisateurs plus cohérents.
Comment proxyfier GTM concrètement avec Addingwell
Une fois votre architecture de tracking basculée en server-side, la proxyfication devient l’étape clé pour limiter l’impact des ad blockers. Addingwell propose une mise en œuvre structurée en quatre étapes permettant de sécuriser le chargement de vos balises et de restaurer une partie des données perdues.
1. Pré-requis : migrer GA4 en server-side
Avant toute chose, votre configuration Google Analytics 4 (GA4) doit être pleinement opérationnelle en mode server-side. Cela signifie que vos événements transitent déjà par un serveur intermédiaire avant d’être envoyés à Google.
2. Proxyfier la librairie Google Tag Manager
L’étape suivante consiste à modifier le mode de chargement de Google Tag Manager.
Au lieu d’appeler le script standard depuis googletagmanager.com/gtm.js, vous le servez via un sous-domaine que vous contrôlez, par exemple : tags.votredomaine.com
Addingwell fournit un espace CDN ainsi que les scripts nécessaires pour que votre container web soit distribué depuis votre propre domaine. Aux yeux des bloqueurs, le script semble ainsi provenir de votre infrastructure, et non d’un tiers publicitaire.

3. Activer le Dynamic Ad-Block Bypass
Certains ad blockers avancés identifient encore les requêtes GA4 via des patterns connus, notamment la route /g/collect.
Pour limiter ce filtrage, Addingwell propose un Dynamic Ad-Block Bypass : les endpoints sont renommés dynamiquement (via des routes personnalisées), rendant les requêtes d’événement moins détectables par les règles classiques de blocage.
Ce mécanisme ne contourne pas le consentement utilisateur, mais il réduit les blocages techniques automatiques.

Et les autres solutions ?
Addingwell n’est pas le seul acteur sur ce marché. Des plateformes comme Stape proposent également des approches similaires, notamment via des custom loaders ou des configurations avancées server-side.
Le principe reste identique :
- Héberger GTM sous un domaine contrôlé
- Réduire la dépendance aux serveurs tiers
- Minimiser les blocages automatiques
Résultat attendu
Une fois ces étapes mises en place et correctement testées :
- Vous réduisez significativement le blocage des librairies GTM
- Vous récupérez une part importante des événements GA4 auparavant perdus
- Vous améliorez la qualité des signaux envoyés à vos plateformes publicitaires
- Vous restaurez la fiabilité de vos analyses et de vos KPIs
Limites et points de vigilance
La proxyfication de GTM constitue un levier technique efficace pour réduire la perte de données. Cependant, elle doit être intégrée dans une approche globale et responsable de la gestion des données. Sans cadre stratégique clair, elle peut améliorer la collecte… sans pour autant optimiser la gouvernance.
Le consentement reste non négociable
Proxyfier ne signifie pas contourner la réglementation. Les obligations liées au RGPD, à l’ePrivacy et à la gestion du consentement demeurent intactes.
La proxyfication permet de limiter les blocages techniques liés aux ad blockers, mais elle ne dispense en aucun cas de :
- Mettre en place une CMP conforme,
- Respecter les choix des utilisateurs,
- Garantir la transparence sur les traitements effectués.
Les contraintes navigateurs persistent
Même en configuration proxyfiée, certains mécanismes natifs des navigateurs continuent d’appliquer leurs restrictions. Par exemple, Safari ITP (Intelligent Tracking Prevention) limite toujours la durée de vie des cookies first-party.
Pour atténuer ces effets, des optimisations complémentaires peuvent être envisagées, comme le cookie restore proposé par Addingwell, qui améliore la persistance des identifiants côté serveur.
Un alignement indispensable avec votre stratégie data
La proxyfication ne doit pas être considérée comme un simple projet technique. Elle doit s’intégrer à votre politique globale de collecte et de gouvernance des données.
Les questions clés sont stratégiques :
- Quelles données sont réellement nécessaires à votre performance ?
- Comment les structurer et les sécuriser ?
- Comment les exploiter de manière éthique et responsable ?
L’enjeu dépasse la récupération de quelques points de tracking : il s’agit de construire une architecture data robuste, conforme et orientée performance.
Une décision stratégique, pas seulement technique
La proxyfication de Google Tag Manager (GTM) ne doit pas être perçue comme une simple optimisation technique. Elle s’inscrit dans une logique plus large : celle de la maîtrise et de la valorisation de votre donnée marketing.
- Côté paid media : Les plateformes publicitaires reposent sur des algorithmes d’apprentissage. Moins ils reçoivent de données, moins ils sont efficaces. En améliorant la remontée des événements, vous alimentez plus précisément les algorithmes d’optimisation — vous réduisez les écarts entre conversions réelles et conversions mesurées — vous améliorez la stabilité de vos CPA et de votre ROAS.
- Côté analytics : Sur le plan analytique, la proxyfication permet de limiter les biais liés aux pertes de données. Une vision plus complète des sessions, des conversions et des parcours utilisateurs améliore la lecture de vos KPIs.